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Happiness therapy - Le trouble bipolaire

  • Photo du rédacteur: EMMA RUSSO
    EMMA RUSSO
  • 20 févr.
  • 3 min de lecture

Dans Happiness Therapy (Silver Linings Playbook, 2012) est représenté le trouble

bipolaire, trouble psychique invalidant, dont la prévalence s’élève à 1 à 2% de la population.

Le trouble bipolaire se compose de différents types :

- type 1 : les épisodes maniaques sont plus importants, sévères, avec des délires

pouvant émerger. Ces délires peuvent ainsi être associés à des symptômes de

schizophrénie, même s'ils sont ici liés à l’humeur exaltée des patients.

- type 2 : avec des épisodes d’hypomanie, moins sévères, ainsi que moins longs

- cyclothymie : alternance de phases d’excitation/exaltation et dépression, mais

qui ne sont pas suffisants en intensité et durée pour diagnostiquer un type 1 ou

2. Ce trouble peut cependant être un facteur de risque du développement du

trouble


La différence entre la bipolarité de type 1 ou 2 réside ainsi dans la présence d’un

épisode maniaque, qui se manifeste par l’augmentation de l’énergie de l’individu, des

comportements à risque, une confiance en soi exacerbée. Il peut y avoir de la violence,

comme dans le cadre familial du film.

Le trouble bipolaire est constitué d’alternances entre épisodes maniaques et

dépressifs, étant plus longs, qui peuvent donc être confondus avec le trouble dépressif.

L’anamnèse, la collaboration avec la famille permettent le diagnostic différentiel. Le

diagnostic est donc assez tardif, avec environ 10 années après l’émergence du premier

épisode.

Il est souvent traité par des antidépresseurs, qui se révèlent alors inefficaces, voire

montrent des effets délétères.

Il est important de noter que le taux de risque suicidaire de ce trouble est 5 à 20 fois plus

élevé que dans la population générale, et représente ainsi un enjeu de taille. Cela fait ainsi

partie d’axes de prévention majeurs. Les comorbidités sont également importantes, qu’elles

soient psychiatriques ou non : maladies cardiovasculaires, diabètes, troubles anxieux, TDAH,

troubles d’usage de substances, troubles de la personnalité, impact sur le sommeil, sur

l’hygiène de vie … On note également des troubles des fonctions cognitives, telles que la

planification, l’exécution, l’attention, la mémoire, la flexibilité mentale … Un tiers des

personnes souffrant d’un trouble bipolaire seront atteintes par ces troubles, et un tiers aura

des difficultés fluctuantes.


Les traitements ont aussi des effets secondaires importants : prise de poids, diabète,

hypertensions, troubles sexuels … C’est une des raisons de non-adhérence au traitement des

patients, même si l’anosognosie est également un facteur à cette non-adhérence. En effet, les patients peuvent avoir des difficultés à ressentir cet état comme pathologique, surtout en

phase maniaque. Les professionnels doivent alors tenter d’encourager, de valoriser les aspects aidants des traitements, en co-construction avec les patients. Cependant, on doit noter que le traitement est souvent imposé en phase aiguë, et l’hospitalisation est fréquente. Le but n’est évidemment pas de sédater les patients, mais la crise doit être arrêtée afin d'éviter la mise en danger du patient et de ses proches.


Une fois la crise passée, le patient doit pouvoir bénéficier d'une rémission fonctionnelle globale. Le trouble doit être pensé de façon longitudinale, sur le long terme : on

travaille sur la prévention de réémission des troubles, sur l’adaptation sociale. Le patient doit

être en capacité de s'occuper de lui-même. Dans le cas contraire, le traitement peut devenir

obligatoire. Les objectifs dépendent des situations, mais visent souvent la réadaptation et la

réinsertion (MDPH, Cap Emploi …)


La psychoéducation aide également, ainsi que les groupes de parole, la pair-aidance,

la remédiation cognitive …Les facteurs de risque de ce trouble sont nombreux : un trouble cyclothymique ouhyperthymique, complications de grossesse, maltraitance infantile . Il existe également unemosaïque génétique qui, associée aux facteurs environnementaux, augmente le risque de transmettre le trouble.


Par Romane Bouillon

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