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Nevada : la médiation équine en milieu carcéral

Photo du rédacteur: Roxane Daczkowski
Roxane Daczkowski
4 oct.
2 min de lecture

Le cinépsy du mardi 22 septembre s’est déroulé autour du film Nevada de Laure de Clermont-Tonnerre, qui illustre la thématique de la médiation animale en milieu carcéral. Notre intervenante, Valérie Pradalié, intervient depuis 12 ans dans différentes structures pénitentiaires : prisons pour femmes, établissements pour mineurs, maisons d’arrêt et centres de détention. Les profils des personnes rencontrées sont très différents : certaines sont en attente de jugement, d’autres sont condamnées, en attente de transfert ou encore exécutent des peines plus ou moins longues.

Il est important de différencier la justice restaurative de la justice punitive. Créée en 2014, la justice restaurative s’intéresse aux raisons qui ont conduit au passage à l’acte ainsi qu’aux moyens de réinsérer l’individu afin de limiter les risques de récidive. Elle implique notamment une rencontre entre les détenus et un cercle de restauration composé de la victime et d’un membre de la communauté, qui parle au nom de l’État. La justice punitive, quant à elle, se concentre davantage sur le déroulement de l’acte, qu’il ait été anticipé ou non, ainsi que sur le jugement et l’application de la peine. Dans ce cadre, il n’existe pas nécessairement de processus de réparation pour la victime ou pour la famille d’une victime décédée.

Valérie Pradalié travaille actuellement principalement avec l’Hôpital de Fresnes. Elle témoigne de la discontinuité du suivi psychologique des détenus, alors même que celui-ci est indispensable. De plus, la mise en place de projets favorisant la réinsertion reste très compliquée. Néanmoins, des boxes pour chevaux ont été créés au sein de la prison de Fresnes. Les détenus peuvent ainsi interagir avec les animaux durant des séances de deux heures. Le crottin est également réutilisé afin de produire de l’engrais pour le potager.

Le cheval peut être perçu comme un symbole de liberté, puisqu’il représente une forme d’ouverture et de beauté au sein d’un environnement carcéral. Le fait de placer une personne sur le dos d’un cheval présente également une particularité : elle est portée par l’animal et son corps est mis en mouvement. Le cheval devient alors une sorte de miroir, non jugeant et présent dans l’instant. Il renvoie à l’état intérieur de la personne, sans a priori ni non-dits. Celle-ci peut ainsi davantage s’aligner avec ses émotions et ses souhaits, tandis que le comportement du cheval permet de valider ou non certaines attitudes.

La médiation équine permet de révéler certaines choses de manière très accélérée. Valérie utilise notamment des longes avec des chanvrières. Pour certains détenus, il est impossible d’utiliser un objet qui pourrait faire du mal, la chanvrière pouvant s’apparenter à un fouet. Le travail avec le cheval peut donc permettre, sur le long terme, de ne plus percevoir certains objets du quotidien comme des armes, comme cela peut être le cas avec un couteau. Il s’agit alors d’un accompagnement qui s’inscrit dans la durée.

En peu de temps, le cheval peut permettre de travailler sur la réparation, la gestion de l’espace, de l’ego et des émotions. Assis dans une salle, en tête-à-tête, il peut être difficile de décoder certains comportements. Le contact avec l’animal permet alors une autre forme de lecture du comportement des individus, notamment grâce à l’observation des réactions du cheval.


Par Roxane Daczkowski et Kay Esteban-Leroy

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